#MagCAPIDF : Les entreprises se mobilisent pour l’apprentissage

Les contrats d’apprentissage enregistrent une hausse de 6,24% sur un an, confirmant l’embellie déjà constatée et démontrant l’implication des entreprises pour favoriser l’intégration des jeunes.

« Un pays ne peut pas réussir quand seuls quelques-uns réussissent », a martelé Emmanuel Macron en juillet dernier, auprès des cent dirigeants des plus grandes entreprises françaises, afin de les exhorter à renforcer l’apprentissage et l’emploi dans les quartiers en difficulté. Pour le Président de la République, l’émancipation passe par le travail, et c’est donc l’accès à l’emploi qui permettra à certaines populations défavorisées de mieux s’intégrer à la société. Un appel entendu, puisqu’au-delà des 15000 stages dans les services de l’État, les entreprises en offriront 15 000 autres, dont 1 500 pour BNP-Paribas, 600 pour Accor ou 1 300 pour la fédération du Bâtiment Travaux publics. Des engagements qui s’ajoutent aux 30 000 offres de stages de classe de 3e dans le cadre de la politique de la ville.

Des entreprises déjà impliquées

« L’État ne peut pas tout, les entreprises doivent s’engager », souligne Patrick Pouyanné, le PDG de Total, premier groupe français, qui a décidé de porter à 5% les effectifs en équivalents-apprentissage, notamment en réduisant l’intérim.

Celui de Danone, Emmanuel Faber, lui emboîte le pas, insistant sur le fait « qu’une entreprise ne peut se développer sans tisser des liens d’utilité réciproque avec le territoire ». Les entreprises sont déjà impliquées de longue date sur cette thématique, rappelant à chaque occasion combien l’apprentissage est une voie d’excellence pour une parfaite intégration dans l’emploi. D’autant qu’aujourd’hui tous les métiers peuvent être préparés via l’alternance.

Le MEDEF a lancé une grande campagne de mobilisation sur le sujet avec l’opération «L’apprentissage mon plan A», marquée par une campagne numérique « les taffeurs » pour changer le regard des jeunes sur l’apprentissage et la mise en place de deux outils : la plateforme Tomyjob et un baromètre sur la perception de l’apprentissage par les chefs d’entreprise.

Pour en savoir plus : www.tomyjob.com

Les branches à la manœuvre

Pour permettre au plus grand nombre d’y avoir recours, y compris les structures non assujetties à la taxe d’apprentissage, certaines branches ont développé un partenariat avec les fédérations de CFA correspondantes permettant d’affranchir les structures de tout ou partie de ces frais pédagogiques grâce à une subvention versée par la branche à la fédération.

C’est ainsi que le partenariat conclu avec la fédération des CFA Sport Animation Tourisme, prévoit la prise en charge totale des frais de formations pour l’embauche d’un apprenti par une structure des branches de l’animation, du sport ou du TSF.

Le diplôme préparé doit être un diplôme de la jeunesse et des sports (DE ou BP JEPS…) dans un des CFA de la fédération. La branche des ALISFA permet une réduction de 75% des frais pédagogiques pour les adhérents de la branche non assujettis à la taxe.

L’apprenti doit suivre sa formation au sein d’un des établissements de la fédération des CFA des Professions Sanitaires et sociales. Les diplômes concernés ici sont les diplômes d’état Auxiliaire Puériculture (AP) et Éducateur de Jeunes Enfants (EJE). Enfin, la branche de la mutualité s’inscrit dans la même démarche, à travers un partenariat entre son organisation patronale (UGEM), le CFA CODIS et Uniformation qui a permis de créer une formation en apprentissage spécifique à la branche (connaissance de l’environnement mutualiste).

Des contrats d’apprentissage en hausse de 6,24 %

Les contrats d’apprentissage du secteur privé augmentent de +6,24% entre juillet 2017 et juin 2018 par rapport à la période de juillet 2016 à juin 2017. L’écart observé sur 5 ans est en hausse de 3,3%. Les entrées en juin 2018 restent plus importantes que les années précédentes et semblent confirmer une embellie des entrées en apprentissage dans le secteur privé.

• Les contrats d’apprentissage du secteur public augmentent fortement entre juillet 2017 et juin 2018 par rapport à la période de juillet 2016 à juin 2017 : +9,0%. A noter que sur trois ans la hausse est de 84% (sur des quantités faibles) ;

• Les contrats de professionnalisation voient leur nombre d’entrées augmenter +6,4% entre juin 2017 et mai 2018 par rapport à la période de juin 2016 à mai 2018 ;

• Enfin, les emplois d’avenir vont vers une mort annoncée, en totalisant 82 nouveaux contrats en juin 2018 (-94,3% entre juillet 2017 et juin 2018 par rapport à la période de juillet 2016 à juin 2017).


Paru dans CAP’IDF N°65