CAP’IDF : Daniel WEIZMANN, Président du MEDEF Ile-de-France, nous livre les principaux axes de son mandat

Lors de votre élection en décembre dernier, vous vous êtes présenté comme porteur d’une vision constructive et fédératrice de l’échelon régional. Comment entendez-vous concrétiser cette ambition ?

En initiant une logique plus collaborative avec l’ensemble des acteurs socio-économiques franciliens, les adhérents et les MEDEF territoriaux, au travers de conventions cadres ou de partenariats et d’une plus grande mutualisation des ressources.

Ce sera le moyen de faire émerger le meilleur de nos talents et d’apporter des réponses pertinentes et innovantes aux grand défis auxquels notre région est confrontée.

Le MEDEF Île-de-France doit s’imposer en cela, comme un élément fédérateur clé, pour faire émerger des espaces d’échanges et de réflexions, favoriser les interactions entre les branches et les territoires et initier des solutions et outils adaptés aux besoins des entreprises. La vocation de notre organisation est appelée à évoluer au regard de nouvelles attentes.

À l’avenir, le MEDEF aura davantage une fonction support dans une logique de développement de services.

Dans cette optique quels seront vos chantiers prioritaires dans les prochains mois ?

La qualité de la formation professionnelle est l’une des attentes majeures de nos entreprises. Les changements de la récente réforme supposent que nous fassions œuvre de pédagogie auprès des entreprises, afin qu’elles tirent le meilleur parti des nouveaux dispositifs. C’est pourquoi nous allons mettre à disposition des territoires, des Développeurs de l’Alternance spécialistes de la question, afin qu’ils s’emparent de toutes les opportunités ainsi crées.

La santé au travail a incontestablement besoin d’être plus performante. Notre commission RSE travaillera prioritairement sur ce sujet dans les prochains mois et le MEDEF fera des propositions concrètes, comme la fin du zonage, le développement de la concurrence ou la création d’un socle commun de services. En la matière comme dans d’autres, nous devons nous réformer.

L’attractivité de la région, le Grand Paris et le logement, sont des sujets cruciaux dans la perspective du Brexit et des Jeux Olympiques. En 2018, Paris a doublé Londres pour s’affirmer comme la métropole européenne la plus attractive pour les investisseurs étrangers, selon le baromètre EY de l’attractivité.

Une position que nous devons conforter tant la concurrence entre les grandes métropoles mondiales est féroce. C’est pourquoi le MEDEF se positionne en faveur de l’achèvement, dans le calendrier initial, du Charles de Gaulle Express qui doit relier la capitale à l’aéroport de Roissy en 2024.

C’est une réalisation indispensable pour attirer davantage d’hommes d’affaires et d’entreprises et conserver notre place de leader en matière de congrès et salons, mais c’est aussi je le rappelle, un élément clé mis en avant par la France dans le dossier de candidature de Paris 2024 au même titre que le Grand Paris Express.

Le MEDEF Île-de-France veillera là encore au développement de nouveaux services, à l’image de MEDEF Accélérateur d’Investissement (MAI), que nous destinons aux dirigeants désireux de mieux maîtriser les outils financiers de développement.

Au cours de deux journées de formation, ils pourront analyser leurs besoins et découvrir l’ensemble des outils de financement dont ils pourraient bénéficier pour développer leur entreprise, qui leur sont proposés par les acteurs privés du secteur bancaire, la BPI ou la Région.

 

Le MEDEF Île-de-France organise mi-avril la fête des métiers et de l’orientation. Quel est votre regard sur la réforme de l’apprentissage. Vous semble-t-elle adaptée aux besoins des entreprises ?

La position du MEDEF reste très favorable à la réforme de l’apprentissage qui donne aux branches un rôle majeur. C’est dans l’intérêt des entreprises et surtout des jeunes.

Cette réforme place l’entreprise au cœur du dispositif de l’apprentissage et simplifie les règles d’exécution du contrat et du système d’aide aux employeurs : avec la fin de la procédure d’enregistrement du contrat d’apprentissage, remplacée par une procédure de dépôt comme pour les contrats de professionnalisation, avec la simplification du contrat d’apprentissage (durée, âge, apprentis mineurs), des aides aux employeurs par une aide unique et de la rupture conventionnelle.

Nous sommes cependant inquiets de la vision centralisatrice de l’État concernant la mise en œuvre opérationnelle de la loi, qui limite la capacité des branches professionnelles à concevoir et piloter leurs politiques d’apprentissage pour leurs entreprises.

Enfin, nous attirons également l’attention sur certaines mesures proposées dans les décrets concernant certains apprentis, qui pourraient de ce fait être mieux rémunérés que des salariés à temps plein (4e niveau de catégorie pour apprentis de +26 ans à 100% du SMIC ou salaire conventionnel).

 

Les récents événements liés au mouvement des «gilets jaunes », dont les images ont été largement relayées à travers le monde, peuvent-ils nuire durablement à l’attractivité de notre région ?

Si les effets à court terme sont d’ores et déjà quantifiables, avec un recul évalué à 0,1 point de PIB, centré essentiellement sur les secteurs du commerce, du textile, de l’hôtellerie et des agences bancaires, difficile de se prononcer à plus long terme. Ce qui est certain, c’est que les débordements condamnables auxquels nous avons pu assister, sont intervenus au plus mauvais moment, alors que l’image de la France à l’international connaissait un redressement spectaculaire.




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