Comment relancer les entreprises et sauvegarder les emplois après la crise sanitaire due au COVID-19 ?

Article paru dans #MagCAPIDF, août 2020

Les entreprises françaises qui viennent de traverser la crise sanitaire due au COVID-19 comptent rebondir, mais avec l’appui du MEDEF (Mouvement des Entreprises de France) qui met sur pied sa stratégie de relance de l’emploi. Une mobilisation sans faille.

Au cours des dernières semaines, face à la crise sanitaire, de nombreuses entreprises ont permis à leurs employés de travailler à distance, depuis chez eux. Mais, selon le président du MEDEF, cela ne doit pas devenir la norme. Selon lui, les Français ont besoin de retourner au travail. « Le télétravail n’est pas l’alpha et l’oméga, a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux sur Europe 1. Il s’agit d’une solution qui a apporté beaucoup de satisfaction pour certains salariés, mais aussi des contraintes, des burn-out, des problèmes de management au sein des entreprises », a-t-il ajouté. « Je crois qu’on a besoin de retourner au travail, de se voir, de se parler, de recréer de la richesse tous ensemble », a souligné le président du MEDEF qui va lancer, avec les partenaires sociaux, un bilan sur cette période. « À l’heure où de nombreuses entreprises sont en difficulté, il faut tout faire pour préserver l’emploi », a également estimé Geoffroy Roux de Bézieux, qui a participé, quelques jours après le confinement, à une réunion à l’Élysée pour chercher des solutions à la crise économique liée à l’épidémie du Coronavirus.

« Pour cela, les efforts devront être partagés », a-t-il ajouté. L’organisation patronale demande en particulier des mesures pour favoriser le recrutement des plus jeunes. « Il y a un coup de frein énorme sur l’embauche des jeunes et on ne veut pas qu’il y ait une génération sacrifiée », a affirmé le patron des patrons. Le MEDEF a réclamé notamment une aide de 10 000 euros pour le recrutement d’un apprenti. « Oui, il y aura des effets d’aubaine […], mais je crois qu’il faut l’accepter », a précisé Geoffroy Roux de Bézieux.

Et selon le quotidien Les Échos, le gouvernement est, lui aussi, en quête des solutions pour préserver l’emploi, durement touché par la récession liée à la crise du Coronavirus. Le Président de la République Emmanuel Macron est parti prenant pour la sauvegarde de l’emploi et prêt à relever le défi d’après COVID-19.

La jeunesse priorité du plan de relance économique

Lors de l’interview du chef de l’État le 14 juillet 2020, Emmanuel Macron a annoncé une exonération de charges jusqu’à 1,6 SMIC pendant un ou deux ans. Autres mesures : 300 000 projets ou contrats d’insertion, 100 000 postes supplémentaires en service civique et 200 000 places en formation supérieure pour ceux qui veulent prolonger leurs études. Priorité affichée du plan de relance, la jeunesse va faire l’objet de mesures à la fois massives et en partie inédites pour éviter que l’embauche de ceux – environ 700 000 – qui vont arriver sur le marché du travail d’ici à la rentrée ne vire à la Bérézina. « C’est à notre jeunesse qu’on a demandé le plus gros effort : de ne pas sortir, de ne pas pouvoir passer ses examens, parfois de devoir renoncer à sa première embauche », a souligné Emmanuel Macron lors de son interview, avant de préciser les grands dispositifs à venir, au-delà de ce qu’il a déjà annoncé en faveur de l’apprentissage.

” Priorité affichée du plan de relance, la jeunesse va faire l’objet de mesures à la fois massives et en partie inédites “

Le premier dispositif prendra la forme d’une exonération de charges jusqu’à 1,6 SMIC pour favoriser, en particulier, l’embauche de salariés à « faibles qualifications ». Ce dispositif est « exceptionnel parce qu’il durera un à deux ans, on va l’évaluer », a indiqué le chef de l’État, sans plus de détails.

Quel périmètre de charges – a priori salariales étant donné qu’il n’y a plus de cotisations patronales sur les bas salaires – seront exonérées ? Jusqu’à quel âge ? Pour quels types d’embauches (CDI, CDD longs ou tous contrats de travail) ? Avec quelle pente d’allègement, en biseau ou par pallier ? Le tout pour quel coût ? Autant de questions sans réponses à ce stade, le ministère du Travail renvoyant à « une proposition » qui sera faite aux syndicats et au patronat lors du sommet social ce vendredi à Matignon.

Le 16 juillet 2020

Par Thérèse Diatta Ngoboh

En collaboration avec l’Association de la Presse Étrangère (APE)

 

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