La crise a impacté positivement la formation au sein des entreprises

Article paru dans #MagCAPIDF, juillet 2021

La formation reste un rempart pour faire face aux situations de tension et de très nombreuses entreprises ont décidé de davantage former les salariés pour mieux les préparer à “l’après-crise”.

La pandémie de Covid-19 et les conséquences économiques qui en découlent, ont fait évoluer les besoins en compétences et les entreprises se voient contraintes de revoir leurs stratégies en matière de formation. Plusieurs grandes tendances se dessinent pour les mois et années à venir. « Nous avons constaté un véritable changement dans les commandes passées par les responsables formation pendant le confinement et depuis », confirme Yannick Petit, CEO de l’organisme de formation Unow. Elles ont notamment dû réaliser un rattrapage très important en termes de transformation digitale, en raison du développement du télétravail. « Cette crise a bousculé et accéléré le calendrier. Ce que nous mettons habituellement 1 an à préparer, nous l’avons fait en 6 mois ! 30 à 40 % de nos collaborateurs en moyenne sont formés chaque année. Nous en sommes déjà à 39 % et l’année n’est pas finie », indique Jean-Marie Ferrand, responsable Formation Groupe chez Talan, une ESN de plus de 2 000 collaborateurs en France.

Le digital davantage intégré au plan de formation
« Avec l’essor du télétravail et les contraintes sanitaires, le digital est bel et bien devenu LE standard de la formation », affirme aujourd’hui Yannick Petit, dont l’organisme de formation a mené une enquête auprès des DRH. Pour plus de 90 % d’entre eux, cette crise a induit des changements durables dans leur stratégie. Ainsi, 71 % considèrent que le blended learning (formation mixte) et le 100 % à distance seront des modalités pédagogiques dominantes pour former les salariés. Un renversement de tendance puisqu’il y a encore quelques mois, le 100 % présentiel était largement plébiscité par près de trois quarts des entreprises ! Ce que confirme Jean-Marie Ferrand : « Étant une ESN, nous sommes convaincus par nature de l’intérêt de la digitalisation de la formation. Mais force est de constater que le présentiel a toujours représenté une part importante dans notre stratégie en la matière. Pendant le confinement, nous nous sommes adaptés en aménageant les durées des programmes, en proposant du e-learning, mais aussi en mettant en place des classes virtuelles. Il nous a fallu pour cela opérer une refonte de nos contenus pédagogiques et cela fonctionne très bien ». Les SPOC (formations digitales et tutorées) font aussi partie des modalités auxquelles s’intéressent de plus en plus les responsables formation pour développer les compétences, car « les taux de complétion sont les plus élevés », note Yannick Petit.

De nouveaux besoins révélés
« Manager à distance, télétravailler efficacement, communiquer à distance : ce sont des compétences désormais jugées prioritaires qu’il faudra développer chez les salariés et c’est une tendance qui peut être assez durable », indique Yannick Petit. Chez Workday, spécialiste du Cloud, le télétravail n’est pas nouveau et beaucoup de collaborateurs ont déjà acquis ce genre de compétences. « Cependant, nous n’excluons pas de continuer à les former sur ces axes, avec des formations du type « gérer la relation client à distance » qui nous intéressent », précise Jérôme Froment-Curtil, directeur général. Il en va de même pour les formations en efficacité professionnelle (gestion du temps, du stress, gestion de projet…) et les formations aux soft skills, qui sont de plus en plus demandées par les DRH et viennent compléter les compétences métier. Le social learning, parmi lequel on trouve la pratique du mentoring et du parrainage, est ainsi un bon moyen d’échapper au formatage de la fonction, quelle que soit la place qu’on occupe dans un groupe, de révéler les talents sous-estimés ou de s’ouvrir à de nouveaux profils.

« LES FORMATIONS EN EFFICACITÉ PROFESSIONNELLE (GESTION DU TEMPS, DU STRESS,GESTION DE PROJET…) ET LES FORMATIONS AUX SOFT SKILLS, SONT DE PLUS EN PLUS DEMANDÉES PAR LES DRH »

La montée en puissance en puissance des soft skills
« On a tous des savoirs et des compétences que d’autres n’ont pas et réciproquement », souligne Victoria Pell, fondatrice d’Unatti, plateforme de mentoring. « Autant capitaliser sur ce formidable gisement de connaissances, largement sous-exploité, pour faire progresser les organisations, quelles qu’elles soient, et tous ceux qui les animent ». Le moyen selon elle de renforcer les performances et l’employabilité des équipes, de valoriser les compétences des jeunes collaborateurs, de se former en permanence ou de sécuriser les parcours professionnels des seniors. « La part de ces formations dans les plans était de 12 % en 2016 ; elle était à 31 % en 2020 et ce chiffre devrait être en progression cette année », pointe le CEO de Unow. « Ces 15 dernières années, nous étions focalisés sur les formations techniques, alors qu’aujourd’hui, les soft skills ont toute leur place, comme apprendre à apprendre ou faire de la veille, ce dont les salariés ont aussi besoin », estime Jean-Marie Ferrand. Sans compter d’autres compétences, comme la créativité, argumenter pour convaincre ou résoudre des problèmes complexes, qui seront tout autant indispensables dans le monde de l’après-crise.

 

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