En Île-de-France, le logement est devenu un enjeu économique majeur. Au sein des différentes instances d’Action Logement et des organismes de gouvernance du secteur, les mandataires du MEDEF contribuent à rapprocher les politiques de l’habitat des réalités du terrain.
« Près d’un actif sur cinq renonce à une opportunité professionnelle faute de pouvoir se loger. » Un constat qui illustre l’impact croissant de la crise du logement sur l’activité économique. Si cette crise touche aujourd’hui l’ensemble du territoire national, ses effets sont particulièrement marqués en Île-de-France, où les entreprises font face à des difficultés accrues de recrutement, de mobilité professionnelle et d’attractivité. « Lorsqu’une entreprise peine à recruter parce que les loyers sont devenus inaccessibles, c’est toute la dynamique économique d’un territoire qui est freinée », résume Daniel Weizmann, président d’In’li.
Un enjeu pour les entreprises
Parce que, derrière chaque programme de logements, chaque dispositif de mobilité résidentielle ou chaque évolution réglementaire, se joue aussi une question d’emploi, d’attractivité et de développement économique, le MEDEF est présent au sein des principales instances de gouvernance du logement.
Au Comité régional Action Logement (CRAL), les mandataires participent à l’identification des besoins des bassins d’emploi, défendent des solutions adaptées aux entreprises et veillent à ce que les dispositifs d’Action Logement répondent concrètement aux attentes des salariés. Ils proposent des projets et expérimentations en fonction des spécificités de leur territoire, tout en facilitant la déclinaison des partenariats à l’échelle locale.
Le MEDEF siège également au sein des Entreprises sociales pour l’habitat (ESH), qui développent et gèrent une part importante du parc de logements sociaux et intermédiaires, du Comité régional de l’habitat et de l’hébergement (CRHH), chargé d’éclairer les orientations de la politique foncière et de l’habitat, ainsi que des Commissions départementales des valeurs locatives (CDVL), qui interviennent dans l’actualisation des valeurs locatives servant de base à la fiscalité locale.
Interlocuteurs privilégiés des collectivités et des partenaires du logement et de l’emploi, ces mandataires assurent le lien entre les orientations d’Action Logement, les besoins des territoires et les attentes des entreprises.
3 questions à Éric Malenfer, président du CRAL Île-de-France
Les logements abordables à proximité des bassins d’emploi sont-ils devenus un enjeu majeur de recrutement et de fidélisation des salariés ?
Indéniablement. Aujourd’hui, le logement pèse 30 % dans le budget des Français et, selon le Credoc, 18 % des offres de recrutement ne sont pas pourvues à cause du logement. Une situation qui, à terme, risque de compromettre l’activité d’entreprises qui ont besoin d’attirer les meilleurs talents et d’assurer la transmission de savoir-faire pour rester compétitives. C’est pourquoi il faut penser autrement notre politique du logement, avec un défi particulier pour l’Île-de-France, celui de loger 20 % de la population française sur à peine 2 % du territoire national, avec 840 000 demandes de logement social en attente.
Estimez-vous que le modèle d’Action Logement répond encore aux besoins des entreprises et des salariés ? Quelles évolutions vous paraissent prioritaires ?
Compte tenu des besoins massifs dans notre région et du lien étroit et structurel qui existe entre logement et emploi, ce modèle a largement fait ses preuves. Il doit toutefois être amélioré en sanctuarisant la ressource, pour la rendre lisible et prévisible, et en la territorialisant au plus près des bassins d’emploi. Il faut que la contribution des entreprises produise des résultats visibles, que les dispositifs soient plus simples à mettre en place afin qu’ils deviennent accessibles à tous, de la PME au grand compte.
C’est là que le paritarisme démontre toute sa valeur, en permettant qu’employeurs et salariés co-décident de l’emploi d’un argent qui est d’abord celui des entreprises, avec des choix ancrés dans des besoins concrets.
Mais c’est aussi un modèle menacé par les ponctions récurrentes de ses ressources par l’État, qui l’utilise comme un outil d’ajustement budgétaire (500 M € en 2020, près d’1 Md € en 2021). Il tente d’ailleurs régulièrement de reprendre la main, ce qui serait catastrophique. Car un outil qu’on siphonne ne peut plus planifier, et un outil piloté depuis un ministère devient rapidement hors-sol.
Vous êtes chef d’entreprise et mandataire du MEDEF. Qu’est-ce qui vous a conduit à vous engager dans ce mandat et quel message adresseriez-vous aux dirigeants qui hésitent encore à franchir le pas ?
J’aime aller au contact des autres, m’engager dans la vie publique et me rendre utile. Exercer un mandat dans l’un des domaines les plus impactants pour le quotidien des Franciliens, comme le logement, répond parfaitement à ce besoin. Le CRAL Île-de-France se compose de dix représentants employeurs et dix représentants salariés. On y apprend à écouter, à partager et à trouver des compromis, pour dégager des solutions qui contribuent à l’amélioration du quotidien des gens. C’est véritablement un challenge inspirant. Le MEDEF c’est un collectif qui s’engage au quotidien et la seule plateforme où l’on peut rencontrer des grands groupes, des ETI, des PME et des TPE. Une diversité de situations d’une richesse inestimable et des interactions humaines extrêmement précieuses.
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