L’intercommunalité, acteur central du tissu économique local

Dans une enquête menée auprès d’un quart des intercommunalités françaises, l’association Intercommunalités de France témoigne de l’évolution de leur rôle dans le développement économique local depuis l’adoption de la loi NOTRe en 2015 et la mise en œuvre de nouvelles compétences.

L’intercommunalité joue de plus en plus un rôle d’interface entre les entreprises et l’écosystème économique local : Régions, Chambres consulaires, service public pour l’emploi, associations, clubs d’entreprises, plateformes d’initiatives locales, acteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’insertion par l’économie… Cette montée en puissance s’explique par une large professionnalisation dans le champ économique, souligne cette étude.

91 % des intercommunalités sont dotées d’un service économique

Elles sont quasiment toutes dotées (91 %) d’un service en charge du développement économique, tous statuts confondus, alors qu’elles n’étaient que 69 % en 2016. Toutes les communautés d’agglomération et 87 % des communautés de communes (contre 64 % en 2016) en possèdent désormais un, avec à la clé une stratégie économique clairement définie. Plus d’une intercommunalité sur deux intervient en soutien à la transmission ou à la reprise d’entreprises sur le territoire, tout en encourageant la création d’entreprises avec différents types d’actions, telles que le financement et la mise à disposition de locaux. Pour faire face à une certaine inadéquation entre la formation et les compétences des salariés d’une part, et les emplois à pourvoir d’autre part, 63 % des intercommunalités organisent des événements dédiés, comme des forums emploi pour faciliter les recrutements.

Plus proches des entreprises depuis la crise sanitaire

80 % des intercommunalités disent avoir modifié leurs rapports avec les entreprises suite à la crise sanitaire, et une grande partie de celles qui les avaient soutenues, ont choisi de poursuivre cet accompagnement, au travers d’actions de communication, d’animation ou bien de reports ou d’allègements de fiscalité. Le foncier est également en train de devenir un enjeu stratégique pour le développement et l’ancrage des entreprises dans les territoires. Dans un contexte de raréfaction et face aux coûts induits par les opérations de requalification, sa gestion devient une question politique, et non plus uniquement technique. Ces dynamiques s’inscrivent toutefois dans un contexte fiscal local de moins en moins lié au tissu économique. « Au gré des différentes réformes et allégements sectoriels au profit des entreprises, ainsi que la récente réduction des valeurs locatives des locaux industriels, le poids de cette fiscalité économique s’est progressivement réduit au sein du panier fiscal des collectivités, perdant en l’espace de dix ans, près d’un tiers de sa valeur », rappellent les auteurs de l’enquête.

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