Voie royale vers l’emploi, l’alternance s’est imposée comme un levier stratégique pour les entreprises. En Île-de-France, elles sont de plus en plus nombreuses à y recourir, en déployant des politiques dédiées. Des initiatives saluées par la première édition du concours des « Pépites de l’alternance », organisée par le MEDEF Île-de-France, qui a séduit 70 entreprises et récompensé quatre d’entre elles.
Accueillir un alternant, c’est former les talents de demain, faire découvrir ses métiers, susciter des vocations, renforcer la marque employeur et préparer ses futurs recrutements. Une stratégie gagnante pour assurer la compétitivité et la pérennité des entreprises, ce que confirme Claude Caverivière, DRH d’ERIS (groupe ESTYA), lauréat du prix Coup de cœur du jury.
« Une entreprise pérenne, c’est une entreprise qui transmet, sinon elle s’appauvrit. Dans nos professions en tension, où aucune formation de l’éducation nationale ne prépare à nos métiers, l’alternance est devenue un outil stratégique pour attirer et fidéliser de jeunes talents ».
Une entreprise pérenne, c’est une entreprise qui transmet.
Révéler des potentiels
L’entreprise spécialisée dans les études et la réalisation d’installations de sécurité s’appuie sur un dispositif de formation développé depuis près de 20 ans pour enrichir son vivier de professionnels. « On a embarqué des managers, des tuteurs issus de nos dispositifs de formation, des techniciens et des équipes pédagogiques pour accompagner ces nouveaux collaborateurs sur une dizaine de mois », explique Claude Caverivière. La particularité d’ERIS est de considérer ses alternants non comme des apprentis, mais comme des collègues de travail. Tous seront recrutés en CDI à l’issue de leur formation. « Un signe de confiance en leurs compétences qui ne demandent qu’à se révéler », souligne-t-il. C’est ce qui a permis à Daouda Trakoré en BTS électrotechnique de réintégrer la formation après un premier échec : un échange avec Claude Caverivière finira par le convaincre. « Daouda est l’exemple type de ces jeunes que l’on dirige vers des dispositifs de Bac pro ou des BTS qui ne sont pas véritablement adaptés à leur profil et à leurs aspirations. J’ai senti chez lui une motivation profonde qui méritait qu’on s’y intéresse. L’entreprise n’est pas qu’un lieu qui sélectionne des candidats, c’est aussi un lieu qui révèle des potentiels », ajoute le DRH. Un parcours inspirant qui a retenu toute l’attention du jury, composé de représentants du monde économique, institutionnel et de la formation.
La carte du tutorat
ERIS mise sur le tutorat pour assurer la transmission des compétences et préserver les savoir-faire. Chaque nouvelle promotion est reçue dès le premier jour par le président du groupe et le DRH. « Nous les mettons tout de suite en relation avec leurs tuteurs qui leur transmettent les gestes du métier et les accompagnent tout au long de leur parcours. Dans le cadre de notre qualification Qualiopi, notre manager pédagogique fait régulièrement un arrêt sur image avec le tuteur pour identifier d’éventuels décrochages et y remédier. » Une quinzaine de tuteurs accompagnent les jeunes jusqu’à l’obtention du titre professionnel de technicien en maintenance de système de sécurité incendie, en alternant entre le centre de formation et la pratique professionnelle sur le terrain. Au bout de dix mois, ils passent le titre devant un jury agréé par le ministère du Travail. Aujourd’hui, ERIS compte plus de 1 000 collaborateurs, dont 250 techniciens formés grâce à ce dispositif.
Un accompagnement personnalisé
C’est le choix de MESSER France, spécialiste des gaz industriels, médicaux, électroniques et spéciaux, lauréate de la catégorie des entreprises de plus de 250 salariés. L’entreprise a structuré un double accompagnement. Une référente alternance, elle-même passée par ce parcours avant d’être recrutée en CDI, suit les jeunes du recrutement jusqu’à la fin de leur contrat ou leur éventuelle intégration. Au quotidien, chaque alternant est accompagné par un tuteur. « Grâce à cet accompagnement, j’ai pu gagner en autonomie, travailler sur divers projets et devenir un réel acteur de l’entreprise », témoigne Rémy L’Eveille, alternant marketing depuis trois ans. « Le bon alternant, c’est à la fois une personne consciente de ce qu’elle peut apporter et qui a envie d’apprendre. De son côté, l’entreprise doit avoir un véritable objectif stratégique », indique le DRH, Marc Charpy.
L’alternance est un formidable levier d’émancipation, de confiance et d’avenir.
Des convictions profondes
« L’alternance est un formidable levier d’émancipation, de confiance et d’avenir. Elle permet de révéler des talents, d’ouvrir des portes et parfois de réparer ce que la société n’a pas toujours su accompagner. » souligne Fouad Ben Ahmed, fondateur de SAMV. Spécialisée dans les solutions d’assistance à la mobilité aux personnes bloquées dans les étages lorsqu’un ascenseur est en panne, l’entreprise fait de l’inclusion un axe majeur de son développement, qu’elle soit physique, sociale ou professionnelle. « Nous veillons à ce que les jeunes talents puissent être pleinement intégrés à la vie de l’entreprise, dont la richesse repose aussi sur l’humain. » Une fierté collective récompensée par une distinction dans la catégorie des entreprises de moins de 50 salariés. L’implication des équipes, l’engagement des tuteurs, la transmission sur le terrain… C’est cet esprit qui fait la force de BERTO Île-de-France Sud, entreprise de logistique distinguée dans la catégorie des entreprises de 50 à 250 salariés. « Il faut être à l’écoute de l’alternant, faire régulièrement le point avec lui et adapter son accompagnement à l’évolution de ses besoins », insiste Nathalie Héroux, chargée de recrutement. Un bon savoir-être et une réelle envie de progresser sont les clés de sa réussite.
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