Entrepreneuriat en Île-de-France : les tendances du 1er semestre 2026

L’Île-de-France confirme son rôle de moteur économique national au premier semestre 2026 avec 103 459 nouvelles immatriculations, en hausse de 9,5 %, portant à plus de 1,7 million le nombre d’entreprises actives. Cette dynamique entrepreneuriale s’accompagne toutefois d’une augmentation des radiations (+19,1 %) et des entreprises en difficulté (+3,0 %), illustrant un contexte économique plus contrasté.

Si les injonctions de payer reculent de 22,6 %, signe d’un apaisement des contentieux liés aux impayés, les dispositifs de prévention sont davantage mobilisés, avec 5 128 dossiers ouverts (+38,3 %) témoignant d’une volonté croissante d’accompagner les entreprises en amont des difficultés.

Sur le plan de la conformité, les entreprises franciliennes poursuivent leurs efforts avec 189 691 comptes annuels déposés (+22,3 %), mais la hausse de 109,5 % des signalements de divergence concernant les bénéficiaires effectifs rappelle l’importance de maintenir des informations fiables et à jour.

Enfin, malgré son dynamisme économique, la région enregistre un solde négatif de 1 339 sièges sociaux, un indicateur qui invite à rester attentif à son attractivité territoriale.

Paris – Une création record accompagnée d’un renouvellement massif

Paris reste de loin le principal moteur entrepreneurial francilien, avec 42 489 immatriculations au premier semestre, en hausse de 14,8 %. Cette croissance est portée par le commerce, les activités spécialisées et l’information-communication. Mais elle s’accompagne d’une augmentation de 68,3 % des radiations, qui atteignent 25 923 unités, principalement sous l’effet des radiations volontaires. Le solde demeure très largement positif, mais l’ampleur simultanée des créations et des sorties révèle un renouvellement particulièrement intense du tissu économique parisien. L’absence de signalements de divergence au Registre des bénéficiaires effectifs doit en revanche être interprétée avec prudence, car elle peut traduire une absence de remontée plutôt qu’une absence réelle de divergences.

Seine-et-Marne – Une dynamique entrepreneuriale encore favorable

La Seine-et-Marne affiche l’un des bilans les plus équilibrés du semestre. Les immatriculations progressent de 10,2 %, avec 7 244 créations, tandis que les procédures collectives reculent de 7,6 %. Les activités scientifiques, l’information-communication et les services administratifs tirent la création vers le haut. Les radiations augmentent néanmoins de 19,9 %, soit 6 779 entreprises radiées, ce qui réduit l’excédent entre les entrées et les sorties sans toutefois le faire disparaître.

Yvelines – Une amélioration portée par le recul des radiations

Les Yvelines affichent une configuration favorable au premier semestre 2026. Les immatriculations progressent de 9,5 %, à 8 467 créations, tandis que les radiations reculent de 14,9 %. Cette baisse repose notamment sur le net repli des radiations dans l’immobilier et des radiations volontaires. Les procédures collectives restent globalement stables, avec une légère diminution de 2,4 %, même si l’hébergement-restauration connaît une hausse des ouvertures. Le bilan reste cependant pénalisé par un solde négatif entre les créations et les radiations, en raison d’un volume de sorties encore élevé.

Essonne – Des créations en hausse, mais absorbées par les radiations

Au premier semestre 2026, le fait marquant dans l’Essonne n’est pas tant la progression des créations que l’accélération des sorties. Le département enregistre 6 826 immatriculations, en hausse de 6,1 %, mais 6 835 radiations, soit une progression de 21,2 %. Le solde entrepreneurial devient ainsi légèrement négatif, malgré le dynamisme de l’information-communication et des services administratifs. La baisse de 9,7 % des procédures collectives apporte toutefois un signal plus favorable : les entreprises encore en activité semblent moins nombreuses à entrer dans une phase de traitement judiciaire.

Hauts-de-Seine – Une activité soutenue, rattrapée par les difficultés

Les Hauts-de-Seine conservent une dynamique de création positive, avec 10 064 immatriculations, en hausse de 4 %. Mais cette progression est largement dépassée par une augmentation des radiations de 35,8%, soit 10 333 entreprises radiées. Les procédures collectives progressent également de 50,2 %, avec une hausse particulièrement forte dans la construction, la restauration et les activités spécialisées. Le département reste économiquement actif, comme le montrent la croissance des dépôts de comptes et des déclarations au Registre des bénéficiaires effectifs, mais les indicateurs de fragilité se dégradent nettement.

Seine-Saint-Denis – Moins de radiations malgré une création modérée

En Seine-Saint-Denis, le signal le plus favorable vient du recul des radiations. Elles diminuent de 14,1 %, à 10 263, alors que les immatriculations progressent de 3 %, à 11 765. Le département conserve ainsi un solde entrepreneurial positif, accompagné d’un léger excédent dans les transferts de sièges sociaux. La situation reste toutefois contrastée : les procédures collectives sont presque stables, mais les redressements judiciaires progressent fortement, tandis que la construction demeure le principal secteur exposé.

Val-de-Marne – Une stabilité apparente qui masque des évolutions contrastées

Le Val-de-Marne présente un bilan relativement stable au premier semestre. Les immatriculations progressent de 4,9 %, tandis que les radiations reculent de 6 % et que les procédures collectives diminuent légèrement. Cette évolution globale masque cependant d’importants écarts selon les formes juridiques : les radiations de commerçants et de SAS augmentent, alors que celles des SARL et des SCI diminuent fortement. Sur le terrain de la conformité, la hausse de 90,4 % des signalements de divergence au Registre des bénéficiaires effectifs constitue le principal point de vigilance.

Val-d’Oise – Le bond des radiations domine le semestre

Dans le Val-d’Oise, le fait marquant est la hausse de 52 % des radiations. 7 789 entreprises ont été radiées au premier semestre 2026. Les radiations progressent dans presque tous les secteurs, avec des hausses particulièrement fortes dans l’immobilier, la construction et les services administratifs. Les immatriculations restent pourtant bien orientées, à 7 931 créations, soit +7,9 %, tandis que les procédures collectives reculent de 15,7 %. Ce contraste suggère que l’augmentation des sorties ne traduit pas uniquement une montée des défaillances, mais également un mouvement plus large de renouvellement ou de nettoyage du registre.

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