« Nous devons retrouver une vraie liberté d’exercice » Olivier Princivalle, FNAIM Grand Paris

Paru dans #MagCAPIDF, avril 2023

À la tête de la FNAIM Grand Paris depuis le 1er janvier, quels seront les grands axes de votre action dans les prochains mois ?

Tout d’abord rassembler la profession en nous appuyant sur nos compétences multiples. Il est essentiel de développer la part de marché de notre réseau en favorisant le travail collaboratif entre nos professionnels et les autres acteurs du secteur de l’immobilier. Cela permettra de conclure des partenariats pragmatiques et efficients avec les architectes, les promoteurs ou la filière de la rénovation énergétique par exemple. Cela constitue le meilleur moyen de répondre aux grands enjeux de l’immobilier et de peser davantage sur les politiques des pouvoirs publics. Deuxième chantier d’importance : répondre à l’enjeu de recrutement au moment où nous devons accompagner nos clients sur le chemin de la rénovation énergétique qui va concerner un logement sur deux. Enfin, et c’est là un combat fondateur de mon action, nous devons retrouver une vraie liberté d’exercice en mettant fin au plafonnement de nos honoraires que nous impose l’État. Trop d’ingérences et de réglementations brident notre développement au moment où nous sommes confrontés à la concurrence d’acteurs déréglementés qui n’apportent aucune garantie aux consommateurs.

« NOUS DEVONS RETROUVER UNE VRAIE LIBERTÉ D’EXERCICE EN METTANT FIN AU PLAFONNEMENT DE NOS HONORAIRES, POUR AMÉLIORER NOTRE  oFFRE DE SERVICES. »

Comment se porte le marché de l’immobilier d’entreprise ?

La crise sanitaire, l’essor du télétravail et les nouvelles attentes des salariés ont créé de fortes incertitudes sur ce marché qui a dû s’adapter à un mixte entre télétravail et présentiel, entraînant une augmentation des locaux vacants. La FNAIM Entreprises, qui regroupe les plus grands noms du secteur, s’emploie à proposer des solutions agiles qui répondent à ces besoins ou qui permettent une plus grande modularité des locaux. Il faut aussi pouvoir transformer les mètres carrés disponibles en locaux commerciaux ou en logements, pour éviter une crise.

Quelles sont les premières conséquences sur le marché francilien des obligations en matière de rénovation énergétique et de l’interdiction de mise en location des « passoires thermiques » ?

Le délai entre la promulgation de la loi Climat et Résilience et les interdictions de mise en location des logements classés G+ démontre une impréparation des pouvoirs publics sur l’anticipation des impacts d’une telle loi. Et ces interdictions tombent dans un climat inflationniste et de crise du pouvoir d’achat. Le dispositif empêche la facilité de l’accès au logement, dans un climat d’insuffisance de l’offre, et avec un avenir incertain : 2/3 des logements en Île-de-France sont visés par ces critères d’indécence énergétique à 10 ans ! À cela on ajoute le coût des matériaux et des travaux en augmentation permanente, une insuffisance des solutions de financement et la fin de l’aide PINEL à l’investissement. C’est pourquoi nous souhaitons l’adoption d’un calendrier de rénovation plus souple, et le développement d’un nouveau produit bancaire destiné à cette rénovation, pour envoyer un signal positif aux propriétaires. Il faut aussi que chacun puisse continuer à investir dans le logement qui est créateur de valeurs et d’emplois. Si on met à l’arrêt l’immobilier, on met à l’arrêt une bonne partie de l’activité économique de notre région, et on n’arrêtera pas l’augmentation des prix.

« NOUS SOUHAITONS L’ADOPTION D’UN CALENDRIER PLUS SOUPLE ET D’UN NOUVEAU PRODUIT BANCAIRE DE SOUTIEN À LA RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE. »

Face au recul de 6 % des ventes immobilières en 2022, la FNAIM propose la portabilité des prêts immobiliers. Quels sont les avantages de ce système ?

Dans un contexte de remontée des taux d’intérêt, il s’agirait de permettre à un ménage qui a signé un prêt à taux bas (à 1 % par exemple) pour une acquisition précédente, de conserver cet emprunt pour réaliser un autre achat, plutôt que de rembourser son prêt et d’en prendre un nouveau qui va lui coûter plus cher. Une mesure économiquement viable, qui ne coûterait rien à l’État. Elle serait également neutre pour les établissements prêteurs, qui pourraient conserver leurs clients ou en attirer de nouveaux. Nous avions fait cette proposition au moment de la révision du taux d’usure pour laquelle nous avons obtenu une première victoire, puisque désormais il est révisé mensuellement. Nous espérons que la mesure qui est actuellement à l’étude trouvera une issue aussi favorable.

Avec INCUB’IMMO vous accompagnez les jeunes pousses de l’immobilier. Quelles sont leurs principales pistes d’innovation ?

Nous travaillons avec ces équipes dans l’optique de proposer de nouveaux services exclusifs d’assistance aux professionnels. Plusieurs projets ont déjà émergé. Citons par exemple :

  • un outil de simulation de réussite des travaux de rénovation énergétique, pour les valider avant leur mise en œuvre ;
  • la numérisation des bâtiments existants en 3D, pour modéliser les travaux et faciliter leur gestion ;
  • une application metaverse pour permettre aux agences FNAIM de prendre pied dans cet univers qui transformera les interactions avec les clients.

 

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